80 millions pour sauver des logements de la spéculation à Lausanne !

[Communiqué de presse du 4.11.2021 de l’ASLOCA Lausanne]

La Municipalité de Lausanne demande un crédit de 80 millions pour pouvoir acquérir principalement des immeubles d’habitation durant la législature communale 2021 – 2026. Rassemblant plus de 20’000 locataires, l’ASLOCA Lausanne salue cette dotation substantielle. Par l’usage du droit de préemption, inscrit dans la loi vaudoise adoptée comme contre-projet à la dernière initiative cantonale de l’ASLOCA, la Ville se donne les moyens – en collaboration avec des coopératives – de sortir des centaines de logements des logiques spéculatives. Ce seront autant de foyers de locataires protégés contre d’éventuelles hausses abusives ou résiliations injustifiées

Acceptée en votation populaire en 2017, la loi cantonale sur la préservation et la promotion du parc locatif (LPPPL) octroie aux communes un droit de préemption pour les terrains constructibles et les bâtiments de logements. Ce droit signifie que la commune dispose d’une priorité d’achat pour toute transaction immobilière, en payant le prix fixé entre les parties. Cette disposition a été inscrite dans la législation dans le cadre du traitement de l’initiative de l’ASLOCA Vaud de 2011 « Stop à la pénurie de logements ».

Avec 80 millions sur 5 ans, la Ville de Lausanne se dote de moyens sans précédent. Ce crédit permettra de préserver des centaines de logements de la dynamique spéculative qui sévit malheureusement à Lausanne comme dans toutes les villes et agglomérations du pays. « Une action décidée des collectivités est nécessaire pour que la loi voulue par les Vaudois-es – et encore plus par les Lausannois-es qui l’avaient approuvée à plus de 73% – déploie ses effets », observe Samuel de Vargas. De plus, « chaque logement acquis par la collectivité permet à davantage de locataires d’être protégés de hausses de loyers ou de résiliations abusives », souligne Pierre Zwahlen.

Dans l’environnement actuel où les prix des logements demeurent élevés et où le taux de vacances n’évolue plus substantiellement à la hausse, protéger les locataires et maintenir des loyers abordables est plus nécessaire que jamais. « L’action des communes via le droit de préemption est complémentaire des autres outils de la loi, comme le contrôle des loyers après travaux, et de l’action de l’ASLOCA pour faire appliquer et respecter le droit du bail », conclut Benoît Gaillard, membre du Comité de l’ASLOCA Lausanne.