GENEVE – Pour une véritable politique du logement en Ville de Genève

La Ville de Genève dispose d’un parc de logements abordables. Constitué au fil des décennies, il compte aujourd’hui environ 5’300 appartements. Ceux-ci sont affectés au besoin de celles et ceux qui, nombreux.euses à Genève, sont exclu.e.s du marché locatif privé. L’attribution des logements et le calcul des loyers sont régis par le Règlement fixant les conditions de location des logements à caractère social.

Après dix ans de mise en œuvre de ce Règlement, il est temps de faire un bilan et de profiter du débat ouvert avec les élections municipales du 15 mars pour proposer des améliorations de la manière dont la Ville de Genève mène sa politique du logement.

L’ASLOCA et l’Association de locataires de la Gérance immobilière municipale (ALGIM) – membre de la l’ASLOCA – ont rédigé une feuille de route pour les candidat.e.s et les futur.e.s élu.e.s municales.aux (consultable ici).

Ces propositions peuvent se résumer ainsi :

  • Le parc social de la Ville de Genève doit être renforcé. L’ASLOCA demande au Conseil administratif de ne plus extraire des logements du parc social, comme il l’a fait durant les dernières législatures, et de réintégrer ceux qui l’auraient été, pour autant que les locataires en place répondent aux exigences du Règlement. Il ne faut pas faire payer à ces locataires les conséquences du choix du Conseil administratif.
  • Les locataires doivent être protégé.e.s et le Règlement appliqué avec discernement et humanité. Ils doivent être entendu.e.s avant toute modification substantielle du bail ou tout congé. Les locataires âgé.e.s et ceux qui ont vécu durant deux décennies au moins dans leur appartement doivent être protégés contre les congés. Des rocades doivent être favorisées en lieu et place des résiliations de bail qui ont été dénoncées par l’ASLOCA et l’ALGIM.
  • La Ville doit entretenir ses immeubles pour atteindre les objectifs environnementaux auxquels elle s’est engagée et par respect pour les locataires qui ont droit à un cadre de vie de qualité. Ces travaux doivent être effectués sans majoration du loyer. L’essentiel des logements de la Ville a été construit il y a plusieurs décennies et est aujourd’hui amorti.

Il faut également lutter contre la spéculation et augmenter le nombre de logements à disposition de la Ville de Genève pour mener sa politique du logement. Les transactions immobilières vont bon train et surenchérissent les logements. Il s’agit d’opérations purement spéculatives qui n’améliorent en rien la situation sur le marché locatif et se répercutent sur les loyers. L’ASLOCA envisage dès lors de lancer une initiative cantonale pour étendre la possibilité de préempter des immeubles locatifs, à un prix non spéculatif.

Ce projet d’initiative sera soumis à l’Assemblée générale de l’ASLOCA avec pour objectif d’entamer la récolte de signatures en automne.

L’ASLOCA invite la population et les candidat.e.s aux élections municipales à s’approprier ces propositions et à les mettre en œuvre.

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