SUISSE – Télévision: Le numérique diminue les coûts de distribution des programmes

Administrateur de la distribution des programmes à la RTS (Radio Télévision Suisse), Jean-Michel Cardinaux a l’habitude de répondre aux questions des téléspectateurs qui ont des problèmes de réception des programmes. Il tient à préciser d’emblée que le problème du passage au numérique n’a pas du tout été une décision de la Société suisse de radiodiffusion et télévision, qui chapeaute la RTS. Interview.

Qui est concerné par le passage au numérique obligatoire à partir du 1er janvier 2015?
Toutes les personnes qui possèdent encore un poste de télévision analogique. Mais il faut aussi savoir que cela ne concerne que les téléviseurs reliés à un téléréseau. Ce sont les seuls qui doivent passer au numérique, car tous les autres modes de diffusion des programmes de télévision sont déjà en numérique.

Comment cela se fait-il?
Seuls les téléréseaux avaient encore l’obligation de fournir un signal pour les postes de télévision analogiques. Dès le 1er janvier 2015, ils ne sont plus tenus de le faire et c’est la raison pour laquelle les téléspectateurs sont invités à changer de poste.

Pourquoi cette décision de tout numériser?
L’Office fédéral de la communication (OFCOM) a pris cette décision parce que cela fait partie de l’évolution technologique. Toutes nos émissions à la RTS et tous les diffuseurs d’images sont passés au numérique.

Et concernant les modes de diffusion…
La télévision par satellite n’a jamais été analogique en Suisse, tout a été d’emblée numérique. Idem pour Internet ou le réseau téléphonique. Quand SwisscomTV a débarqué, le mode de diffusion était numérique. Même nos émetteurs ont abandonné l’analogique. Cela s’est fait en 2007

Allez-vous maintenir vos émetteurs à l’avenir?
Actuellement en Suisse nous avons 300 émetteurs terrestres et l’on estime à 4% les gens qui captent encore directement nos émissions grâce à une antenne extérieure, que l’on appelle aussi «antenne râteau». La décision a été prise de les maintenir, car nous avons ainsi la possibilité de diffuser une télévision numérique terrestre (ndlr: pas en haute définition). Cependant, vu l’évolution des standards dans ce domaine qui propose non seulement la haute définition (HD), mais aussi de nouveaux moyens de compression et de stockage – on parle d’une qualité 4K, 2 fois supérieure à la HD – personne ne peut exclure que, d’ici une quinzaine d’années, nos émetteurs ne soient pas démontés. D’autant que les fréquences télévision ont un vif intérêt pour les opérateurs de téléphonie mobile et qu’il ne sera plus possible un jour d’émettre des programmes en TNT.

La technologie évolue, mais ne trouvez-vous pas que les taches et les veinules sur le visage des personnes interviewées ne sont pas la meilleure carte de visite de la HD?
Ah, c’est sûr, la HD nécessite plus de travail sur les maquillages et sur les couleurs, mais elle a tout de même l’avantage de proposer un piqué de l’image très intéressant et de montrer notamment les ralentis lors d’émissions sportives comme on n’avait jamais pensé un jour pouvoir les voir.

Redevances perçues par Billag
Le Conseil fédéral fixe le montant des redevances pour quatre ans. Il le fait en tenant compte des besoins financiers des diffuseurs de programmes. Pour les ménages, les montants en vigueur pour les années 2011 à 2014 sont les suivants:

pour trois mois

  • Réception radio
    CHF 42.30
  • Réception TV
    CHF 73.30
  • Réception radio et TV
    CHF 115.60

pour un an

  • Réception radio
    CHF 169.15
  • Réception TV
    CHF 293.25
  • Réception radio et TV
    CHF 462.40

Tous les montants incluent 2,5% de TVA et sont arrondis selon les usages commerciaux. Source Billag

Que le mode de distribution soit numérique ou analogique, la redevance reste la même.

Et au niveau des coûts?
Nous n’avons pas diminué nos coûts de production, mais considérablement baisser les coûts de distribution des programmes, et cela est aussi valable pour les chaînes étrangères. En analogique, on utilisait un canal par programme. En numérique, sur un canal vous pouvez diffuser jusqu’à 6 programmes SD ou 3 programmes HD de télévision. Les coûts sont réellement optimisés. Propos recueillis par CLG

Pour plus d’infos: contactez votre téléréseau

Analogique et numérique
L’analogique se distingue du numérique par la représentation de l’information à traiter. Selon la définition du Larousse, «Le système analogique correspond à la variation continue d’une grandeur physique concrète, alors que, dans le système numérique, l’information est représentée par des valeurs numériques discrètes, sous forme binaire. Ces deux méthodes sont utilisées dans les télécommunications ou en électronique. Bien que le procédé numérique soit le plus récent, le stockage par l’analogique demeure toujours présent.»

Propos recueillis par:
Claire-Lise Genoud
Rédactrice en Chef
Droit au logement