SUISSE – Initiative populaire Davantage de logements abordables : Le Conseil national refuse d’améliorer la politique du logement

La majorité du Conseil national rejette l’initiative populaire Davantage de logements abordables. Face aux loyers qui poursuivent leur hausse, elle ne saisit pas l’occasion des réformes nécessaires en faveur de la population. Le Conseil des Etats devra rectifier ces décisions et considérer les besoins des locataires avec sérieux. Les citoyennes et citoyens auront le dernier mot.

Depuis 2005 selon l’indice officiel, les loyers ont grimpé de plus de 17% en Suisse. Et les valeurs mensuelles de ce même indice des loyers sont toujours supérieures en 2018 à celles de l’an dernier : pas de trace de détente ! La pénurie se poursuit dans de larges parts du pays, dans les villes et les agglomérations en particulier. Dans son Message sur l’initiative Davantage de logements abordables, le Conseil fédéral reconnaît d’ailleurs les problèmes qui existent sur le marché locatif.

Les actes doivent désormais suivre. Déposée en octobre 2016, l’initiative populaire propose de changer la donne : il faut plus de logements en mains des maîtres d’ouvrage d’utilité publique, dont les loyers sont calculés sur la base des coûts et qui assurent des loyers abordables dans la durée. L’initiative livre des solutions concrètes, en encourageant les habitations d’utilité publique et en facilitant à cette fin l’accès aux terrains à bâtir disponibles. Elle évite aussi la disparition d’appartements à loyer modéré après des rénovations importantes.

Les débats du Conseil national montrent ce jour à l’évidence que la majorité n’entend pas améliorer la situation de la classe moyenne notamment. Les soucis des locataires ne sont pas pris en compte.

Hausse nécessaire du crédit pour les habitations d’utilité publique

Le lobby immobilier a échoué dans sa tentative de bloquer le dernier instrument de la Confédération en faveur d’habitations d’utilité publique, aux côtés des cautionnements par 104 voix contre 78 ! Il faut désormais une hausse substantielle du crédit-cadre pour le fonds de roulement – sans lier par chantage l’entrée en vigueur de ce crédit au retrait ou au rejet de l’initiative populaire.