SUISSE – COVID-19: La création d’une Taskforce est une étape importante afin de rapidement trouver des solutions pour les locataires

L’Association suisse des locataires se réjouit que le Conseil fédéral ait reconnu l’importance de la thématique du logement dans la crise du Coronavirus et qu’il l’ait pris en main. La table ronde convoquée le 24 mars par le conseiller fédéral Guy Parmelin était une étape nécessaire et montre que tous les acteurs ont la volonté de rechercher des solutions praticables. La création d’une Taskforce intégrant les associations est une étape importante afin de donner des éclaircissements rapides et que les décisions nécessaires soient prises.

L’association suisse des locataires se réjouit que les associations de bailleurs et de locataires reconnaissent tous deux que presque aucun changement d’appartement ou de déménagement ne sont possibles au vu des règles sanitaires de l’OFSP. Les changements de logement et les déménagements doivent donc être actuellement en principe gelés, sauf dans les cas où les règles sanitaires de l’OFSP peuvent être respectées et que les locataires et les bailleurs sont tous les deux d’accord.

Avis de droit concernant l’exemption des frais de location pour les locataires des locaux commerciaux

En raison de la fermeture de certains commerces ordonnée par la Confédération et les cantons, les locataires ne peuvent plus utiliser leurs locaux normalement et sont donc dans l’incapacité de générer un chiffre d’affaires. Par conséquent, les locataires de ces commerces doivent être exemptés des frais de location. L’ASLOCA demande au Conseil fédéral de trancher cette question le plus rapidement possible, faute de quoi des dizaines de milliers de locataires commerciaux envahiront les tribunaux.

Cette demande est soulignée par un avis de droit demandé par l’ASLOCA à trois avocats (Mes Sarah Brutschin, Bâle, Xavier Rubli, Lausanne et Pierre Stastny, Genève) concernant le paiement des loyers des locaux commerciaux fermés en raison des mesures prises pour lutter contre le coronavirus. Cet avis arrive à la conclusion que les loyers ne sont pas ou pas entièrement dus pour la période pendant laquelle l’activité commerciale pour laquelle le local est loué n’est pas possible, contrairement à ce que les milieux immobiliers ont défendu jusqu’à maintenant.

Pour les autres demandes matérielles de l’Association suisse des locataires (suspension des délais pour les congés et les hausses de loyer, protection contre les congés en cas de non-paiement du loyer, protection contre les expulsions), nous vous renvoyons à notre communiqué du 19 mars dernier.

L’Association suisse des locataires s’efforcera, dans le cadre de la Taskforce, de trouver des bonnes solutions aussi bien pour les locataires privés, que pour les locataires de locaux commerciaux.

SUISSE – Le Conseil fédéral doit donner une réponse claire aux locataires

Pour beaucoup de locataires, règne une grande incertitude sur la portée des mesures que la Confédération et les cantons ont prises pour lutter contre le Coronavirus. Preuve en est le grand nombre de demandes formulés par les locataires à l’ASLOCA ces derniers jours. C’est pourquoi elle a aujourd’hui écrit une nouvelle lettre au Conseil fédéral. L’ASLOCA demande une clarification rapide et détaillée sur les points cités ci-dessous. La situation est particulièrement urgente en ce qui concerne les frais de location des locataires commerciaux car le paiement des loyers commerciaux menace actuellement l’existence de centaines de milliers de PME.

1. Exemption des frais de location pour les locataires des locaux commerciaux

En raison de la fermeture de certains commerces ordonnée par la Confédération et les cantons, les locataires ne peuvent plus utiliser leurs locaux normalement et sont donc dans l’incapacité générer un chiffre d’affaires. Par conséquent, les locataires de ces commerces doivent être exemptés des frais de location. L’ASLOCA demande au Conseil fédéral de trancher cette question le plus rapidement possible, faute de quoi des dizaines de milliers de locataires commerciaux envahiront les tribunaux.

2. Suspension du délai pour la contestation de résiliation et de hausse de loyer

L’ASLOCA demande au Conseil fédéral de suspendre le délai de 30 jours prévu par le droit des obligations pour contester les hausses de loyer ou les résiliations de bail. Les locataires n’ont pas la possibilité de se renseigner correctement sur leurs droits en raison de la situation extraordinaire (services de conseil fermés).

3. Protection contre les congés en raison d’un non-paiement de loyer

Le Conseil fédéral doit garantir une protection contre les congés pour les privés ou les locataires de locaux commerciaux qui ne pourraient pas payer leur loyer en raison d’une absence de salaire ou de la fermeture de leurs commerces. L’ASLOCA demande que les locataires ne soient pas congédiés et que le Conseil fédéral suspende le délai de 30 jours de paiement du loyer sous peine de résiliation. Les loyers restent dus mais un délai est ainsi accordé.

4. Protection contre les expulsions

L’ASLOCA demande que toutes les expulsions de locaux d’habitation ou commerciaux soient suspendus à moins que le bailleur ou les autorités cantonales proposent une alternative appropriée.

5. Situation juridique en cas d’impossibilité de déménager

Beaucoup d’entreprises de déménagement et de nettoyage ne travaillent plus. De plus, les personnes à risque et malades sont dans l’incertitude quant à leur capacité de déménager. Le Conseil fédéral doit vite éclaircir qui peut déménager et comment la situation juridique est réglée en cas d’impossibilité de déménager.

6. Condition au versement d’aides étatiques

Si la Confédération ou les cantons devaient indemniser les bailleurs, elle doit d’abord garantir que ces indemnités soient versées uniquement à des bailleurs qui ne demandent pas des loyers abusifs.

 

 

SUISSE – Le Conseil fédéral doit protéger les locataires

Le Conseil fédéral ainsi que plusieurs cantons ont, ces derniers jours, annoncés plusieurs mesures en lien avec la pandémie de Covid-19. Dans la situation actuelle, la protection des locataires n’est pas garantie. C’est pourquoi l’Association suisse des locataires (ASLOCA) a prié aujourd’hui le Conseil fédéral d’adopter un arrêté fédéral urgent afin de suspendre les délais qui pourraient impacter négativement les locataires privés ou commerciaux.

Cette demande concerne en particulier les délais prévus dans le droit des obligations et en procédure civile. Les locataires qui ne peuvent plus payer leurs loyers en raison des mesures de lutte contre le Covid-19, notamment parce qu’ils ne recevraient plus de salaire ou perderaient leur revenu en raison de la fermeture obligatoire de leur commerce, doivent être particulièrement protégés. L’ASLOCA demande que ces locataires ne soient pas expulsés, et ce même après la fin de la crise. La Cour européenne a d’ailleurs pris une décision similaire hier.

Suspension des expulsions

Le Conseil fédéral doit aussi prendre en considération les moyens financiers nécessaires au payement du loyer dans ses mesures économiques et l’aide sociale.

De plus, l’ASLOCA demande que toute les mesures d’exécution forcée soient suspendues, puisque les autorités ne sont plus capables de reloger en urgence les locataires qui seraient concernés par ces expulsions.

SUISSE – Les loyers doivent maintenant baisser d’au moins un milliard de francs !

Pour la première fois depuis juin 2017, le taux hypothécaire de référence baisse d’un quart de pourcent pour s’établir à 1.25% au 3 mars 2020. Ainsi, les locataires ont le droit de voir leurs loyers baisser. L’association suisse des locataires exigent des bailleurs qu’ils baissent immédiatement les loyers.

Dès le 3 mars 2020, le taux de référence baisse de 1.5 % au nouveau taux de 1.25%. Avec la baisse du taux de référence, les locataires ont le droit à une baisse de loyer. L’association suisse des locataires demandent ainsi aux bailleurs de baisser les loyers dans les plus brefs délais. Selon le droit du bail, le changement du taux hypothécaire de référence est un motif déterminant pour l’ajustement du loyer. Le taux de référence est fixé selon la moyenne des taux hypothécaires des banques, arrondie au quart de pourcent.

La baisse du taux de référence d’un quart de pourcent signifie, si elle est reportée, que les loyers de toute la Suisse devraient baisser d’un milliard de francs. Si l’on analyse la période depuis 2009, en raison de neuf baisses du taux hypothécaire les loyers auraient dû baisser d’environ 8.5 milliard de francs. Au lieu de cela, les loyers augmentent depuis des années.

Les locataires doivent être actifs

La plupart des locataires pourraient économiser plusieurs centaines de francs par année avec la baisse actuelle. Puisque la majeure partie des bailleurs ne baissent pas les loyers d’eux-mêmes, les locataires doivent faire valoir leur droit à une adaptation du loyer par écrit auprès de leur bailleur. Cela est également valable pour des baisses de loyers antérieures qui n’auraient pas encore été demandées.

Calculateur de loyers et consultations

Les locataires ont à leur disposition un calculateur de loyer en ligne avec lequel il est possible de chiffrer la baisse de loyer attendue. L’association tient également à disposition des offres de consultations individuelles.

VOS DROITS – Demander une baisse de loyer en 5 étapes

Le taux hypothécaire de référence pour les loyers ne cesse de baisser depuis 1992. Pourtant, la plupart des locataires n’ont pas vu leur loyer baisser.
Evidemment, les bailleurs n’octroient aucune baisse spontanée, sauf de rares exceptions. Il appartient donc aux locataires de faire les démarches nécessaires pour obtenir ces baisses. En voici les différentes étapes.

1. Trouver la date de la dernière fixation de loyer

De manière générale, un locataire a droit à une baisse de loyer si le taux hypothécaire de référence a baissé depuis la signature du contrat de bail.
Bien que le taux de référence est mis à jour quatre fois par année, c’est bien la date de la dernière fixation du loyer qui fait foi.

Si votre loyer a été fixé en 2008, vous pourriez obtenir une baisse de près de 20% sur votre loyer!

Depuis le 3 mars 2020, le taux de référence est à 1,25%. Mais en 2008, lorsqu’il a été instauré, ce taux était à 3,5%. Plus la date de votre contrat de bail est ancienne, plus la baisse risque d’être importante.

2. Identifier la date de la prochaine échéance

Une fois le taux hypothécaire ayant servi à la fixation de son loyer actuel identifié, il faut rechercher pour quelle date le locataire peut résilier son contrat. Les demandes de baisse de loyer doivent respecter le préavis de résiliation et le terme du bail.

Par exemple, on peut résilier son contrat avec un préavis de trois mois pour la fin de chaque mois. C’est la même chose pour une demande de baisse de loyer. En revanche, si on ne peut résilier son bail qu’une fois par année, par exemple au 30 juin, moyennant un préavis de trois mois, le bailleur doit recevoir votre lettre le 31 mars au plus tard.
Attention, c’est bien la date de réception qui compte et non pas la date d’envoi, même par courrier recommandé.

Vous ne trouver pas cette information sur votre bail? Contactez le bureau de l’ASLOCA le plus proche de chez vous. Nous vous conseillerons.

3. Calculer la baisse

Il existe sur Internet plusieurs calculateur pour connaître la baisse de loyer à laquelle vous avez droit. Faites le calcul grâce à notre outil en ligne!

4. Écrire au bailleur

Une fois le calcul fait, il reste à envoyer une lettre recommandé à votre bailleur. Grâce à notre calculateur, il vous suffit de remplir les champs de notre formulaire pour générer une lettre prérédigée avec vos informations!

5. Saisir l’autorité de conciliation si nécessaire

Si le bailleur refuse votre demande dans un délai de 30 jours, il est impératif de saisir l’autorité de conciliation dans un délai de 30 jours dès cette réponse.
C’est uniquement la saisie de l’autorité de conciliation qui préserve les droits du locataire.

Attention, dans le cas où la régie n’a pas répondu dans le délai de 30 jours demandé, cela signifie qu’elle refuse toute baisse de loyer. Dans ce cas aussi, le locataire doit saisir l’autorité de conciliation dans un délai de 30 jours (soit 60 jours depuis l’envoi de sa demande de baisse de loyer). Une fois l’autorité de conciliation saisie et les droits du locataire sauvegardés, il est encore possible de négocier le montant de la baisse de loyer avec son bailleur.

La loi interdit au bailleur de résilier un bail parce que le locataire fait valoir ses droits!

L’invocation que le loyer ne doit pas être baissé, car il se situe dans les limites des loyers du marché ou du quartier, est une objection courante, mais sans fondement. Le bailleur de produire des exemples précis de logements similaires, ce qu’il n’arrive en général pas à faire.

Exceptions

Il n’est pas toujours possible de demander une réduction de loyer en raison de la baisse du taux de référence.

Les loyers qui sont indexés à l’inflation (évolution de l’indice suisse des prix à la consommation) ne sont pas sensibles aux baisses du taux hypothécaire pendant la durée du contrat, mais seulement à leur échéance.

Les loyers subventionnés et contrôlés par une commune, un canton ou la Confédération ne sont pas non plus soumis aux évolutions du taux de référence, mais des intérêts hypothécaires réellement payés par le bailleur.

Les loyers fixés selon un échelonnement prévu à l’avance ne peuvent pas non plus être baissés avant la fin du contrat.

François Zutter

Avocat répondant

ASLOCA Genève

SUISSE – Screening d’une campagne

Un échec, mais des satisfactions et une mobilisation pour l’avenir!

Le vote populaire a eu lieu. Malheureusement, alors que les premiers sondages à six semaines de la votation donnaient notre initiative «Davantage de logements abordables» gagnante à 66%, le peuple suisse l’a finalement refusée par 57% des voix.

Campagne immobilière massive
Ce bon écho initial au sein de la population a certainement contribué à ce que les milieux immobiliers injectent rapidement plusieurs millions de francs dans la campagne. Les moyens de communication directe ont été nombreux et massifs. Leur tout-ménage mensonger distribué en millions d’exemplaires à travers toute la Suisse, les affiches, leurs publicités dans la presse et sur tous les supports imaginables, comme les panneaux dans les transports publics, dans toutes les gares et parfois à tous les arrêts de tram et de bus, inondaient l’espace public. Certes, la campagne de l’ASLOCA Suisse a été bien pensée, correctement organisée et portée par les sections, mais il nous était impossible de régater financièrement. Nous devrons à l’avenir compenser cette asymétrie financière par un renforcement de notre structure nationale et des forces de campagne dans les sections, comme un engagement accru de nos 220 000 membres à travers la Suisse qui sont notre réelle richesse.

Une presse otage du non
Comme d’habitude, le pouvoir de l’argent a influencé le débat et placé les intérêts des investisseurs au-dessus des droits fondamentaux, ici le droit fondamental à un logement abordable pour toutes et tous. L’influence n’a pas seulement été directe par la campagne massive d’annonces et le tout-ménage national. Mais aussi indirecte. En effet, le groupe de presse Tamedia, qui contrôle la Tribune de Genève, 24 heures, Le Matin Dimanche, 20 minutes, Bilan, le Tages-Anzeiger, la Basler Zeitung, la Berner Zeitung, Der Bund et 20 Minuten et SonntagsZeitung, comme les autres groupes de presse écrite, qui ont un urgent besoin des annonces des milieux immobiliers dans leurs pages et ne peuvent donc que les caresser dans le sens du poil, se sont clairement positionnés contre notre initiative, relayant les fake news des milieux immobiliers sur la volonté centralisatrice de l’initiative, ce qui était et est toujours faux.

Des éléments de satisfaction
Cela dit, nous avons quelques éléments de satisfaction. Au niveau national, 43% des votants, soit largement plus que l’électorat de gauche, et cinq cantons ont approuvé une politique plus offensive en faveur du logement d’utilité publique. C’est un signal fort. Par ailleurs, toutes les plus grandes villes de Suisse, à l’exception de Lugano, qui est aujourd’hui une commune regroupant une part importante d’arrière-pays villageois, ont soutenu l’initiative. Cela montre que le problème de la disponibilité et l’accès à un logement abordable n’est pas une fiction, mais un besoin reconnu dans toute la Suisse. Le débat porte uniquement sur les moyens de répondre à ce besoin.

Un beau succès romand
Au niveau romand, le panorama politique est bien différent et réjouissant, dès lors que,
selon les calculs de la Radio Télévision Suisse, ce sont 50,4% des votantes et votants romands qui ont accepté l’initiative. Plus encore, quatre des six cantons romands ont soutenu nos revendications. Et si le canton de Fribourg n’a pas rejoint ce quartette, c’est que, comme dans les régions périphériques de Suisse alémanique, dans la Singine, région germanophone du canton de Fribourg, le très fort rejet a fait basculer le canton vers le non.

Renforcer le fonds de roulement
Dès lors, si nos adversaires sont loyaux et de bonne foi, ils doivent aujourd’hui soutenir notre demande de doubler le crédit-cadre en faveur du logement d’utilité publique et le faire passer de 250 à 500 millions de francs sur dix ans, soit 50 millions par année. Cela permettrait de faire passer le nombre de logements d’utilité publique de 1500-1800 à 3000-3600 logements par année.
Notre initiative en visait 5000. Le plus important, après ce vote, c’est de rester mobilisés, car la droite immobilière, tant nationaliste que bourgeoise, s’attaque actuellement au démantèlement du droit du bail et plus précisément aux droits des locataires.

Carlo Sommaruga

Président ASLOCA Suisse

MESSAGE – Avec force vers de nouveaux combats!

Il y a dix ans nous avons refondé l’ASLOCA Suisse. L’objectif était que notre organisation devienne bien plus qu’un excellent service national de conseil juridique aux locataires. Nous voulions en faire une force sociale et politique nationale forte qui compte et qui puisse imposer dans l’agenda politique les intérêts des locataires, soit les intérêts de la grande majorité des habitantes et habitants de ce pays. Avec l’initiative «Davantage de logements abordables», malgré l’échec dans les urnes, nous avons fait la démonstration que nous avons atteint cet objectif.

Tout d’abord, nous nous sommes prouvé notre capacité à nous réunir autour d’une proposition et à collecter en une année seulement les 100 000 signatures nécessaires pour le dépôt d’une initiative. Ensuite, notre faculté de débat interne et d’organisation au niveau national a fortement progressé. Nous avons construit et mené une incroyable campagne de votation. En effet, grâce à cette campagne, nous avons pu, d’une part, casser le discours fallacieux des milieux immobiliers sur la baisse des loyers et, d’autre part, imposer la problématique de la nécessité de logements abordables pour toutes et tous. En Suisse alémanique comme en Suisse romande, tous les acteurs politiques, le conseiller fédéral Guy Parmelin en tête, ont dû progressivement reconnaître la nécessité de logements abordables. Notre organisation doit partir de ces importants acquis pour renforcer encore sa structure et affronter les nouveaux combats qu’implique la défense des locataires de ce pays.

Certes, vous me direz que notre initiative n’a pas passé la rampe. Mais, avec 43% des votants, toutes les grandes villes et cinq cantons derrière nous, c’est un résultat extrêmement solide. Cette capacité à mobiliser des segments importants de l’électorat, dont plus de 50% en Suisse romande, révèle deux choses. D’une part, que nous devons affiner nos stratégies pour faire adopter une initiative par le peuple et les cantons. D’autre part, nous avons la force de mener à bien des référendums
défensifs pour s’opposer au démantèlement du droit du bail que la droite bourgeoise et nationaliste en cheville avec les milieux immobiliers organise au Parlement.
Le résultat du 9 février est donc un signal politique très clair au Parlement et au Conseil fédéral. L’ASLOCA Suisse est un acteur social et politique qu’il faut prendre en considération. Il apparaît opportun de mettre un terme au démantèlement du droit du bail.

Plus immédiatement, il nous faut prendre au mot le Conseil fédéral, la majorité parlementaire et les milieux immobiliers. En effet, tout au long de la campagne, ils ont reconnu que nombre d’habitantes et habitants de notre pays payaient leur logement trop cher, qu’ils étaient favorables à la création de logements d’utilité publique et que le seul instrument efficace était le fonds de roulement en faveur des maîtres d’ouvrage d’utilité publique. Alors, nous les invitons à nous suivre et à doubler dans les plus brefs délais l’alimentation du fonds de roulement pour les prochains dix ans. Cela fera passer le coût annuel de 25 à 50 millions de francs, ce qui est possible car le conseiller fédéral Guy Parmelin reconnaissait sur le plateau de l’émission «Infrarouge» que la Confédération avait même les 120 millions de francs qu’aurait prétendument coûté notre initiative!

Toujours au niveau national, il nous faudra revenir avec insistance et convaincre une majorité politique que l’assainissement énergétique des immeubles qui vise à la diminution des émissions CO₂ est un objectif devant être porté par l’ensemble du pays. Ce n’est donc pas aux seuls locataires de supporter le coût de cette opération. C’est à l’ensemble de la collectivité et aux propriétaires.

Alors ensemble plus forts et avec force vers les nouveaux combats!

Carlo Sommaruga

Président ASLOCA Suisse

SUISSE – Les villes exigent une politique du logement abordable

L’Association suisse des locataires (ASLOCA) regrette le refus de l’initiative populaire «Davantage de logements abordables». Elle invite les adversaires à réaliser leurs promesses désormais.  Responsables politiques et milieux adverses doivent ainsi entendre la volonté des villes et des cantons qui ont approuvé l’initiative, pour y augmenter rapidement les habitations à loyer modéré avec les moyens nécessaires. 

Avec une projection de 42% de OUI, le refus de l’initiative est une déception. Le résultat du vote est cependant remarquable, en regard des millions dépensés par le lobby immobilier et des contre-vérités de sa campagne. Dans de nombreuses villes et communes, dans plusieurs cantons (Bâle, Genève, Jura, Neuchâtel, Vaud), l’approbation de l’initiative montre le besoin d’agir partagé par une large part de la population, qui veut des mesures plus fortes.

Avant la votation, les milieux adverses ont souvent souligné qu’il faut résoudre les problèmes d’habitation où ils se posent localement. Les actes doivent suivre désormais. L’ASLOCA appelle donc les adversaires à contribuer à préserver et créer des logements abordables, en prenant sans tarder les mesures nécessaires, en particulier dans les communes et les cantons ayant approuvé l’initiative. Elle rappelle la Confédération à son devoir de prendre résolument les mesures pour «abaisser les coûts d’habitation» – sur la base de l’actuelle Constitution qui encourage la construction de logements.

Accroître les prêts de la Confédération – baisser les loyers selon le taux de référence

Le fonds de roulement existant, qui assure des prêts aux maîtres d’ouvrage d’utilité publique, est réalimenté de 250 millions de francs sur dix ans par le vote d’aujourd’hui. Cela ne permettra malheureusement pas d’augmenter la part des logements coopératifs au sein du parc d’habitation. C’est pourquoi l’ASLOCA demande des moyens financiers supplémentaires en faveur du fonds. Elle soutiendra les propositions déposées au Parlement dans ce sens. Le taux hypothécaire de référence diminuant prochainement, elle réclame la baisse des loyers à laquelle les locataires ont droit.

Préserver les droits des locataires

Par ailleurs, l’ASLOCA combattra les péjorations du droit du bail, que le lobby immobilier exige au Parlement – à l’exemple d’un plafond des rendements quatre fois plus élevés pour calculer les loyers (initiative parlementaire d’Olivier Feller) ou la contestation de loyers abusifs rendue impraticable (initiatives parlementaires de Philippe Nantermod).

SUISSE – Sondages sur l’initiative Davantage de logements abordables : Face aux allégations du lobby immobilier, chaque OUI compte !

Publiés aujourd’hui, deux sondages montrent que l’initiative pour Davantage de logements abordables fera l’objet d’un vote serré et que le résultat des urnes reste incertain. Selon le sondage SSR, 51% des personnes interrogées sont favorables à l’initiative, tandis que 45% y sont opposées. Une majorité reste donc possible. L’Association suisse des locataires (ASLOCA) dénonce la campagne des milieux immobiliers, qui dépensent des millions de francs pour répandre des infox et une propagande mensongère.

Engageant des moyens financiers considérables, le lobby immobilier combat l’augmentation des habitations d’utilité publique, une aspiration raisonnable qui tire ses origines de l’histoire de notre pays. Il est manifeste que l’économie immobilière lutte pour défendre ses profits excessifs. Mais ce sont les votantes et votants qui décideront le 9 février prochain. L’ASLOCA appelle ainsi la population à se mobiliser et à participer à cette votation majeure, afin de stopper la spéculation et de créer plus de logements abordables en Suisse.

Illustration d’allégations mensongères: des prêts qui coûtent…

Depuis des semaines, le lobby immobilier diffuse la confusion par des contre-vérités. On évoque fallacieusement «120 millions de coûts supplémentaires» ou «des dépenses mises à la charge des contribuables». En fait: la Confédération accorde des prêts aux coopératives aujourd’hui déjà. Elle en tire des recettes, puisque les coopératives versent des intérêts annuels et remboursent les prêts à terme dans le fonds de roulement. Au total, la caisse fédérale y gagne, et il n’y a jamais eu de pertes ces dernières années. Les prêts sont même une solution triplement gagnante, tant pour les locataires, les coopératives d’habitation que pour la Confédération. Tout le reste n’est que contes et légendes.

SUISSE – Action spectaculaire à Lausanne pour davantage de logements abordables : Tour Bel-Air: stop à la spéculation

Hier soir, l’appel est apparu en lettres rouges et blanches sur la façade de la tour Bel-Air à Lausanne pour la votation du 9 février : oui à davantage de logements abordables – stop à la spéculation. Les flyers distribués au centre-ville évoquent en particulier la résistance à Crédit Suisse, qui a congédié quelque mille locataires à Lausanne, Bâle et Zurich pour transformer les immeubles et faire bondir les loyers.

L’appel projeté sur la façade de la tour Bel-Air était spectaculaire hier, à l’heure des derniers achats au cœur de Lausanne. En lettres géantes, il rappelait aux citoyennes et citoyens l’appui nécessaire à l’initiative pour plus de logements abordables d’ici le 9 février prochain dans les urnes. Il faut en effet soustraire bien plus d’habitations à la spéculation, en encourageant les coopératives qui mettent à disposition des logements sans but lucratif et visent des quartiers vivants.

Les flyers remis aux passants se réfèrent notamment à l’action exemplaire menée par les locataires que Crédit Suisse a congédié dans deux tours du parc de la Rouvraie à Lausanne. Mais la résistance des habitantes et habitants n’est pas unique. A Bâle et à Zurich, d’autres résiliations de bail massives mobilisent les gens concernés contre des transformations qui visent d’abord à accroître les profits de la deuxième banque du pays. Dans les trois villes, ce sont près de 1000 locataires qui ont reçu leur congé entre fin 2018 et l’an dernier.

Voter OUI à « Davantage de logements abordables », c’est stopper clairement les opérations spéculatives, qui font bondir les loyers. C’est donner aux collectivités publiques les moyens de favoriser des logements à la portée des familles, des jeunes et des séniors.

Lien vers les photos de l’appel paraissant sur la tour Bel-Air :

https://drive.google.com/drive/folders/1jbnjCoj60xi05Aa_lJ2yOEaRJ6TL58rH