VALAIS – Etat des lieux du logement: 43% des Valaisans sont des locataires

Les temps changent. Bien que foncièrement propriétaire, le Valaisan n’a plus toujours les moyens d’acquérir son propre logement.

Le Valaisan est attaché à sa terre. Il aime ses vignes, son mayen. Il a voté massivement non à l’initiative populaire Franz Weber «Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires» et à la loi sur l’aménagement du territoire (LAT). «En Valais on n’est pas loin d’être tous propriétaires, c’est notre bas de laine, notre retraite», assénaient notamment les opposants à la LAT. Pourtant, derrière ce discours identitaire, il y a les chiffres. Et les statistiques fédérales nous en donnent un qui est intéressant. Si en 2000 61% des Valaisannes et Valaisans étaient propriétaires de leur logement, en 2014 ce chiffre tombe à 57%. Bien sûr, il est supérieur à la moyenne suisse (37%) mais il diminue, alors que, sur le plan suisse, ce taux augmente depuis 1970.

Toujours plus de locataires
En s’intéressant aux communes valaisannes, on constate évidemment de grandes disparités. A Saint-Martin, plus de 90% des logements sont occupés par leur propriétaire, alors que, dans les villes valaisannes, ce taux est similaire à la moyenne suisse. A Sion, deux tiers des habitants sont des locataires. Des locataires qui paient le prix fort quand photos:CLG on sait que la location d’un 4,5 pièces se situe aujourd’hui aux alentours de 2000 francs par mois.

Politique actuelle
Les instruments fiscaux et financiers pour favoriser l’accession à la propriété sont nombreux. L’utilisation du deuxième pilier et l’amortissement par le troisième en font partie. On peut y ajouter en Valais une valeur locative très basse qui permet de substantielles baisses d’impôts pour les propriétaires. Mais qu’en est-il des politiques visant à soutenir les locataires?

Autrement dit, les pouvoirs publics (communes et canton) s’immiscent-ils dans le marché de la location, afin de permettre l’existence de logements à prix modéré?

En ce qui concerne les villes du Valais romand, seule Monthey a mené une réflexion sur le logement, mais sans proposer de mesures concrètes.

Quant au canton du Valais, il subventionne aujourd’hui 2000 appartements par le biais d’une mesure fédérale. Cette aide, limitée dans le temps, prendra fin dans dix ans. Pour la suite, le canton changera de politique et ne soutiendra plus que certaines communes de montagne. Plus précisément, il proposera uniquement des aides à la rénovation ou à l’achat d’une résidence principale à hauteur de 10% des frais d’investissement pour un montant maximal de 50 000 francs.

On passera donc d’une aide dirigée vers les locataires à une seule aide à la construction (donc pour les propriétaires), de plus, uniquement dans les régions de montagne.

En ce qui concerne l’offre de coopératives de logement, Actuellement le canton du Valais subventionne 2000 appartements par le biais d’une mesure fédérale, mais cette aide aux locataires valaisans prendra fin dans dix ans. “Force est de constater qu’aujourd’hui un nombre croissant de Valaisans ne peuvent et ne pourront jamais se permettre d’acheter un logement ” Droit au logement • Mai 2016 – n° 225 — 13 VALAIS ÉTAT DES LIEUX DU LOGEMENT D’ici dix ans on passera d’une aide dirigée vers les locataires à une seule aide à la construction (donc pour les propriétaires) destinée uniquement à certaines communes situées en montagne. elle demeure aujourd’hui très confidentielle en Valais (624 logements), soit 0,5% du parc immobilier. Par comparaison, le canton de Zurich en possède plus de 7% et la ville de Zurich vise un quart de logements coopératifs.

Propriétaires de leur logement en baisse
Ce rapide panorama de la politique du logement permet trois conclusions provisoires:

  • La politique d’accession à la propriété prônée par l’Etat du Valais semble avoir atteint ses limites, car le taux de propriétaire de leur logement a diminué ces dernières années.
  • En privilégiant l’aide à la construction dans les régions de montagne, les décideurs politiques cantonaux ne prennent pas en compte la problématique de la cherté des locations dans les villes valaisannes et dans les grandes stations touristiques. Ils démontrent une fois de plus leur aveuglement face aux problématiques urbaines (problématique d’agglomération, mobilité, péréquation financière et poids du centre urbain).
  • Les coopératives de logement sont très faiblement développées en Valais. Il est tout à fait souhaitable que les communes et le canton stimulent la création de logements de ce type, meilleur marché de 15 à 20%, car non soumis au rendement demandé par les investisseurs.

En faveur des locataires
En Valais, la situation de locataire est souvent appréhendée comme une étape de vie, qui doit déboucher sur une finalité: être propriétaire, «construire». Il découle de ces représentations, par ailleurs fortement ancrées chez les décideurs politiques, des mesures favorables aux personnes pouvant se permettre d’acheter un logement. Mais force est de constater qu’un nombre croissant de personnes ne peuvent et ne pourront jamais y accéder, pour des raisons économiques ou par le fait que les surfaces constructibles seront réduites.

A l’heure où des réflexions importantes doivent être menées sur un développement des «lits chauds» pour le tourisme, le canton du Valais et les villes valaisannes se doivent également de prendre en considération la situation des locataires permanents du canton. Aujourd’hui, bien trop peu de ressources financières et humaines sont affectées au développement du logement d’utilité publique en Valais. Ce n’est pas le cas d’autres cantons et villes qui mettent en oeuvre une politique visant à la promotion de logements à prix modéré.

Le canton du Valais et les villes valaisannes feraient bien de s’en inspirer, afin de défendre en faveur de toutes et tous une politique du logement qui dépasse la seule ambition de l’accession à la propriété.

VALAIS – Assemblée générale: L’ASLOCA Valais prête à affronter tous les défis

Nouveaux statuts, nouveau comité directeur, l’ASLOCA Valais s’est organisée pour toujours mieux défendre et protéger les locataires dans tout le canton, y compris dans le Haut-Valais.
Le 4 novembre 2015 s’est tenue l’assemblée générale de l’ASLOCA Valais. Celle-ci aura lieu désormais tous les trois ans. A cette occasion les nouveaux statuts ont été adoptés à la majorité des membres présents et un nouveau comité directeur a été élu pour trois ans, composé de François Thurre, Michèle Cuennet et Pascal Roth. La présence de ce dernier dans le nouveau comité directeur permet de renforcer l’action de notre association dans le Haut-Valais. Quant à la soussignée, Rita Théoduloz, elle a reconduit son mandat de présidente.
Chaleureux remerciements
Lors de cette assemblée, Gabrielle Bolle a été vivement remerciée pour l’investissement qu’elle a fourni à notre section durant les vingttrois années passées au sein du secrétariat de l’ASLOCA à Sion.
L’ASLOCA Valais se voit ainsi dotée de nouveaux statuts et d’un comité jeune et dynamique prêt à affronter les défis futurs du logement. Nous en profitons pour remercier nos fidèles membres et nous vous invitons à parler de notre association à vos proches et à vos connaissances afin qu’ensemble les droits des locataires soient reconnus et toujours mieux défendus.
Au-delà des consultations individuelles que l ‘ASLOCA Va l a i s continue d’offrir aux locataires du canton, notre comité reste vigilant sur les politiques publiques du canton et des municipalités pour éviter une perte croissante de logements à loyer abordable. Dans cette perspective notre section s’engage activement pour faire aboutir l’initiative fédérale «Davantage de logements abordables ». Il est possible de signer directement sur le site www.logements-abordables.ch ou de télécharger des feuilles de signatures.

Rita Théoduloz, Présidente, Asloca Valais

VALAIS – L’ASLOCA-Valais une force en progression

Depuis trois ou quatre ans l’ASLOCA-Valais compte toujours plus de membres.

Aujourd’hui nous sommes 2500 membres. Dans un canton qui compte plus de 60 à 70 % de propriétaires, c’est un succès. Nous serons d’autant plus forts si vous nous rejoignez dès maintenant. L’ensemble des locataires y gagneront. La force de notre mouvement ne réside pas seulement dans la qualité des conseils dispensés aux locataires et les succès remportés devant les autorités de conciliation ou les tribunaux. Notre force c’est aussi le nombre de locataires organisés. En effet, plus l’ASLOCA compte de membres, plus la pression exercée sur les autorités en faveur de politiques publiques en faveur des locataires aura de chance d’aboutir.