Droit au logement

n°162 – novembre 2003

Editorial

Veillée d’armes

Une fois n’est pas coutume, les élections fédérales débouchent sur un changement de l’échiquier politique, qui pourrait mettre fin à la répartition des partis au Conseil fédéral, la fameuse formule «magique». Joseph Deiss pourrait en être la principale victime. Sera-t-il remplacé par Christoph Blocher à la tête du Département fédéral de l’économie? La question n’est pas anodine pour les locataires, car c’est ce département qui s’occupe du logement sur le plan fédéral et c’est son chef qui sera en première ligne pour défendre la révision du droit du bail qui doit être soumise en votation populaire le 8 février 2004. Avoir Christoph Blocher comme principal adversaire dans un débat politique n’est pas un cadeau, lorsque l’on connaît l’habileté du personnage dans ce genre d’exercice.
Cette votation du 8 février aura pour les locataires du pays une importance considérable. Si par malheur, le peuple suisse accepte la modification du Code des obligations votée par le parlement fédéral, les droits des locataires, notamment pour combattre les loyers abusifs, seraient sévèrement amoindris. L’ASLOCA se prépare à un combat difficile, pour lequel des moyens financiers importants devront être engagés. Le succès est aussi à ce prix. L’ASLOCA dispose de quelques réserves, mais insuffisantes. Elle fait aujourd’hui encore appel à votre appui financier pour gagner le 8 février. D’avance merci.
La précédente édition de «Droit au logement» contenait la possibilité de signer un autre référendum, contre le «paquet fiscal». Grâce à l’appui des locataires, le nombre de signatures nécessaire a été recueilli et ce référendum déposé.

Le peuple suisse devra se prononcer probablement dans le courant de l’année 2004.
Retour sur les élections fédérales. Ces quatre dernières années, les locataires romands pouvaient compter sur trois conseillers nationaux compétents et motivés pour les défendre à Berne. Ils se sont souvent battus avec conviction et détermination. Même lorsqu’ils n’ont pas été entendus, leur action a été importante. Le Genevois Nils de Dardel, ancien secrétaire romand de l’ASLOCA, et le Vaudois Jean-Jacques Schwaab, avocat et président de l’ASLOCA-Vaud ont mis fin à leur carrière de parlementaire fédéral. Seule la Neuchâteloise Valérie Garbani, secrétaire générale de l’ASLOCA-Romande, se représentait. Son siège était menacé. Heureusement, elle a réalisé un excellent score et a été brillamment réélue.
Elle ne sera pas seule car les locataires romands pourront bénéficier de l’élection de deux nouveaux conseillers nationaux militants à l’ ASLOCA. Carlo Sommaruga, avocat à l’ ASLOCA-Genève, a magnifiquement récupéré le siège laissé libre par Nils de Dardel. Dans le canton de Vaud, Luc Recordon, avocat et président de l’ ASLOCA-Lausanne jusqu’au printemps 2003, avait raté de peu son élection en 1999. Il n’a pas laissé passer sa chance cette fois et prendra, lui aussi, le train de Berne. Nous pourrons également continuer à compter sur l’efficacité et l’engagement du Neuchâtelois Jean Studer au Conseil des Etats.
Bravo et merci à ces quatre élus. L’ASLOCA et les locataires romands seront défendus par quatre excellents avocats.

Jacques-André Mayor

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