Droit au logement

n°140 – septembre 1999

Editorial

Les trois mérites de la maison Minergie

Il est de bon ton de se déclarer favorable aux économies d’énergie. L’examen de la réalité sur le terrain montre qu’il y a bien souvent un fossé entre les déclarations d’intention et les efforts réellement entrepris.

Les promoteurs de la maison MINERGIE ont au moins trois grands mérites: ils proposent un concept bien pensé et répondant pleinement à une volonté d’économie d’énergie. Ils ne se contentent pas de promesses: les réalisations prouvent que l’objectif fixé est atteint. Enfin, ils ont tenu compte des effets secondaires néfastes rencontrés trop souvent.

Les immeubles construits ou rénovés depuis une vingtaine d’années ont souvent de bien meilleures performances énergétiques que les anciens bâtiments, mais ces efforts ont été faits sans guère se préoccuper du comportement et des besoins des futurs utilisateurs. La pose de fenêtres à verres isolants et cadres avec joints d’étanchéité permet des économies appréciables. Mais toute activité humaine est génératrice d’humidité et nécessite un apport régulier d’oxygène. Trop souvent, un renouvellement d’air n’est pas suffisant sans devoir ouvrir souvent les fenêtres. Le bilan énergétique se détériore ainsi rapidement et le confort des utilisateurs n’est pas assuré. Fréquemment, l’humidité qui ne peut plus s’évacuer normalement condense et provoque taches et moisissures. Ce problème constitue une véritable plaie à l’heure actuelle et ses causes sont souvent niées par les bailleurs. Il n’est pas facile de leur faire admettre que les moisissures apparues dans un logement ne sont pas dues au fait que le locataire n’aère pas suffisamment, mais bien à un défaut de l’immeuble. Une mauvaise aération des locaux a aussi des effets nuisibles sur la santé des occupants. Le concept MINERGIE tient compte de ce problème en préconisant une aération mécanique douce avec récupérateur de la chaleur contenue dans l’air vicié.

Il est aussi inquiétant de constater que bon nombre de transformations d’immeubles sont entreprises sans bilan énergétique détaillé digne de ce nom. Des sommes parfois considérables sont dépensées pour isoler une façade, pour une économie d’énergie faible, alors que d’autres mesures, plus simples et moins onéreuses, auraient conduit à un rendement meilleur.

La maison MINERGIE présente un bilan énergétique particulièrement intéressant, puisque les bâtiments d’habitation doivent consommer moins de 160 mégapoles par mètre carré et par année (MJ/m2/an) pour un bâtiment neuf et 320 MJ/m2/an pour un immeuble ancien. Les bâtiments locatifs existants non rénovés consomment en moyenne 725 MJ/m2/an, selon la norme SIA 380/1. On trouve des immeubles dont la consommation dépasse le double de cette moyenne! Un grand nombre de bailleurs sont très négligents face à la surconsommation de leurs immeubles: ils rechignent à investir pour assainir et ce sont les locataires qui paient seuls l’énergie consommée. Le prix très avantageux du mazout masque un vrai problème. En cas de nouveau choc pétrolier, les conséquences seraient sévères pour les locataires de ces immeubles. Il devient nécessaire que la loi ou la jurisprudence fixe des seuils de consommation d’énergie. Ils permettraient aux locataires d’immeubles déficients d’obtenir des réductions de loyer pour défaut de l’objet loué.

Un autre mérite de la maison MINERGIE est de démontrer que des nouvelles constructions ou des rénovations bien conçues permettent de limiter efficacement la consommation d’énergie pour le chauffage et l’eau chaude, sans nécessiter des investissements disproportionnés.

Jacques-André Mayor

24 octobre 1999

Un maximum d’élus ASLOCA, c’est primordial!

C’est dans moins de deux mois que le peuple et les cantons éliront leurs nouveaux représentants aux Chambres fédérales. Dans cette perspective, il n’est sans doute pas inutile de rappeler que c’est essentiellement de la politique menée à Berne que dépend le sort de l’ensemble des locataires de ce pays. Il est bon en outre de savoir que, lors de la prochaine législature, le parlement fédéral aura à prendre des décisions plus importantes que jamais pour vous. Ce sera tout particulièrement le cas si le Conseil fédéral s’obstine à vouloir opposer à notre initiative fédérale «pour des loyers loyaux», un mauvais contre-projet, sous la forme d’une révision partielle du Code des obligations. Il est donc primordial qu’au soir du 24 octobre un maximum d’élus émane de nos rangs. Par leurs connaissances, mais surtout par les expériences qu’ils ont acquises sur le terrain, les candidat(e)s que nous vous présentons (cf p. 6 et 7) sauront vous défendre efficacement.

A une époque où les congés chicaniers sont en recrudescence, tous ces candidat(e)s sont convaincu(e)s que la protection des locataires doit à tout prix être améliorée. Face au scandale que l’ASLOCA dénonce depuis des années, ils savent également que des mesures doivent être prises d’urgence pour que les loyers baissent. S’ils sont élus, ces candidat(e)s se battront avec énergie pour qu’il en soit ainsi. Dans votre intérêt, pensez-y lorsque vous glisserez votre bulletin dans l’urne!

Michel Bise

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