DOSSIER – Au quotidien en ville: «Nos villes en Suisse n’ont pas à rougir»

Responsable de la conception de l’étude sur la «qualité de vie des villes 2016», Anna-Katharina Lautenschütz, de l’OFS, remet les villes dans leur contexte. Interview.

Les villes de Lausanne et de Genève ne sont pas en très bonne position dans votre étude «La qualité de vie des villes 2016». Ne ferait- il pas si bon vivre au bord du Léman?

Anna-Katharina Lautenschütz. Ce propos doit être nuancé. Cette publication a pour but d’illustrer la qualité de vie au moyen d’une palette d’indicateurs. Elle ne propose ni un indice général de la qualité de vie ni un classement des villes. D’ailleurs les écarts entre les villes sont relativement faibles. En comparaison internationale, nos villes suisses n’ont pas à rougir. Par exemple, le taux de chômage y est comparativement bas et l’usage des transports publics pour les trajets domicile-travail élevé. Quant à la qualité de vie au bord du Léman, on ne peut pas affirmer qu’elle soit plus faible, sachant que cette région ne se limite pas aux villes de Lausanne et de Genève.

Que dire de Lausanne, qui propose d’importantes surfaces de détente tout en affichant le taux le plus élevé d’infractions avec violence, loin devant Zurich et Genève?

Nous n’établissons aucun lien entre la part des espaces verts et le taux d’infractions avec violence. A noter que la part des zones de verdure peut dépendre de la structure historique de la ville et de ses frontières administratives.

17% des Genevois, 11% des Lausannois vivent à plus d’une personne par pièce. En tête de liste avec Berne, ces deux villes présentent un taux de suroccupation non négligeable. Qu’en penser alors qu’à Zurich ce taux se divise par deux?

Ce taux dépend de nombreux facteurs tels la structure et le revenu des ménages, la surface des logements ou encore le niveau des loyers. Notre brochure donne un aperçu de la qualité de vie dans ses diverses dimensions. Nous n’avons pas réalisé d’analyse pour tenter d’expliquer les différences mises en évidence.

Pourquoi les Lausannois et les Genevois vivent en majorité dans des appartements?

Le choix du type de logement dépend avant tout de l’offre existante et celle-ci est déterminée par la structure de la ville et de son type d’espace construit qui découlent de structures historiques ou de mesures de planification urbaine.

De nouveau en tête de liste, 63% des Genevois et 40% des Lausannois se plaignent du bruit de la route durant la nuit. Les routes romandes seraient-elles plus fréquentées la nuit qu’en Suisse alémanique?

L’indicateur est basé sur un cadastre du bruit (SonBase) et non sur la perception de la population. On ne peut donc pas affirmer que les Genevois et les Lausannois se plaignent du bruit. Ce résultat dépend de nombreux facteurs telles la densité de population, la structure de la ville, la planification du trafic urbain qu’il n’a pas été possible d’analyser dans le cadre de cette brochure.

Avec plus de 6% de chômage en 2015, Lausanne et Genève se distinguent de la Suisse alémanique avec un taux maximal de 4% à Zurich. Comment expliquer une telle différence?

La brochure présente des faits, une analyse des causes de ces différences sort du cadre de celle-ci.

En tête du classement en matière d’aide sociale, Lausanne affiche 9% de sa population en situation de crise, Genève 7%, alors que les autres villes s’échelonnent de 2 à 6%. Les Romands seraient-ils plus dans la précarité face aux Suisses alémaniques?

Chaque canton dispose de sa propre palette de prestations sociales et d’une législation réglementant ces dernières. Cela relativise quelque peu les écarts parfois importants entre les villes, même si la plupart des cantons appliquent les recommandations de la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS).

Etes-vous surprise de ces résultats où il semble ne pas faire si bon vivre au bord du Léman?

C’est une interprétation… Nous ne faisons que présenter quelques indicateurs pour chacune des dimensions de la qualité de vie. Bien vivre au bord du Léman dépend de nombreux facteurs objectifs et subjectifs. Cette brochure n’a pas la prétention d’en faire le tour.

Propos recueillis par Claire-Lise Genoud

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