SUISSE – Attaque frontale au droit du bail

Les bailleurs veulent en finir avec un point important du droit du bail : la contestation possible d’un loyer abusif. Combattons ensemble ce démontage .
Carlo Sommaruga décrit sans détour la dernière offensive des propriétaires : « C’est une attaque majeure aux droits des locataires. Si la proposition aboutit, il faudra lancer un référendum », tonne le président de l’ASLOCA Suisse. Les loyers abusifs sont en cause. Le droit du bail autorise tout locataire à contester un loyer exagéré, dans les trente jours après son entrée dans l’appartement. Il suffit pour cela que sévisse la pénurie, que le loyer ait nettement augmenté ou que le locataire se trouve dans une nécessité personnelle.

La contestation possible du loyer permet de freiner des bailleurs, obnubilés par les rendements. Conscientes d’avoir exagéré, des régies réduisent d’ailleurs les montants avant même l’audience de conciliation : des effets bien réels donc.
Cela gêne évidemment la fédération des propriétaires fonciers. Au Conseil national, son président Hans Egloff (UDC, ZH) veut réduire ce droit à la portion congrue : pour pouvoir contester, il faudra attester d’une nécessité personnelle. La commission des affaires juridiques de la Chambre a étrangement suivi la proposition par 18 voix contre 6. Droite et PDC ont approuvé ce démontage du droit du bail et devront l’expliquer aux locataires qui les élisent encore. Car on attaque ici le seul moyen légal de se protéger, alors que la Constitution fédérale oblige à lutter contre les loyers abusifs.

H. Egloff prétend que contester un loyer contreviendrait à la bonne foi, puisque le contrat de bail est déjà signé. Le reproche est ancien : on l’entendait en 1990 déjà, au moment d’instaurer dans la loi le droit de contester, justifié par les spéculateurs. Il fallait justement faire contrepoids à la surpuissance des bailleurs. Aujourd’hui, alors que les maisons locatives sont vues d’abord comme des objets de rentabilité, ce droit est plus indispensable encore qu’il y a trente ans. Limiter sa portée n’encouragerait que les requins de l’immobilier.
Nous agirons ensemble pour que la commission du Conseil des Etats, appelée cet automne à se prononcer, donne à Hans Egloff un carton rouge.

 

SUISSE – Taux de référence inchangé à 1.5%: calculateurs de loyer pris d’assaut

Si le taux hypothécaire de référence reste inchangé depuis le 1er juin, jamais les locataires n’ont tant utilisé les calculateurs de loyer à disposition sur internet que ces trois derniers mois et tant téléchargé une demande de baisse au bailleur. En fonction d’un taux de référence à 1.5%, l’exigence de loyers réduits a trouvé un large écho dans les médias comme sur les sites de l’ASLOCA. Les locataires restent toujours invités à demander la baisse nécessaire.

L’Office fédéral du logement annonce ce jour le maintien du taux de référence au niveau record de 1.5%, atteint le 1er juin 2017. En un trimestre, les visites des sites de l’Association suisse des locataires (ASLOCA) ont plus que doublé dans les trois régions linguistiques en regard de la même période de l’an passé ; elles ont dépassé le demi-million. Des locataires ont téléchargé 50’000 fois des lettres-types aux bailleurs. Les calculateurs ont été fréquentés plus de 140’000 fois dans le pays. Les permanences de l’ASLOCA s’efforcent de répondre aux demandes très nombreuses.

Il est vraiment temps de demander la baisse de son loyer. La diminution s’applique à l’échéance du bail depuis la dernière modification du loyer, souvent intervenue il y a plusieurs années : elle peut donc permettre aux ménages de gagner plusieurs milliers de francs par an. Les locataires adressent leur requête en respectant le délai prévu par le contrat de bail. Ils sont dès lors protégés de mesures de rétorsion durant trois ans. Les sections de l’ASLOCA conseillent volontiers leurs membres, si la baisse accordée reste insuffisante.

Depuis 2009, les loyers auraient dû diminuer dans un volume de 7 milliards de francs, en raison des réductions successives du taux hypothécaire de référence. Dans les faits, ils ont à l’inverse augmenté de 2,5 milliards en Suisse. Ces montants appartiennent aux locataires et doivent donc leur revenir.

SUISSE – Logements d’utilité publique: un petit pas mais les problèmes demeurent

Le Conseil fédéral entend soumettre au Parlement un nouveau crédit-cadre pour alimenter le fonds de roulement. Cela permettra de continuer à n’encourager que modestement la construction de logements. Ce crédit-cadre ne donne cependant aucune réponse aux fortes hausses de loyers à la relocation, aux rendements exagérés ainsi qu’aux pertes d’habitations abordables. Si les appartements sont plus nombreux sur le marché, les loyers accessibles restent rares.

L’Association suisse des locataires (ASLOCA) soutient la volonté du Conseil fédéral d’ouvrir un nouveau crédit-cadre en faveur du fonds de roulement pour des logements d’utilité publique. La réalimentation du fonds reste toutefois insuffisante et n’assure que la poursuite minimale de l’aide actuelle. Il faut au contraire étendre cette dernière substantiellement, afin que villes et communes puissent atteindre leurs buts et favoriser la mise à disposition d’appartements à loyer modéré.

Les locataires attendent de la Confédération une politique d’habitation active et des mesures comme celles que propose l’initiative Davantage de logements abordables. Car les loyers continuent insolemment d’augmenter aux changements de locataires, les profits poursuivent leur hausse – grâce à des baisses juteuses des taux hypothécaires conservées par les bailleurs – tandis qu’en ville des familles ou des isolés ne trouvent pas de toits à prix accessible. C’est en encourageant les logements de coopératives, de fondations ou de communes qu’il est possible de soustraire l’habitat aux rendements voire à la spéculation, afin que des millions de locataires ne dépensent vraiment trop pour un bien existentiel.

On évoque aujourd’hui souvent une détente du marché. La ville de Zurich a toutefois signalé récemment quels logements ne sont pas loués. Alors qu’un trois-pièces coûte 1’400 francs par mois en moyenne à Zurich, la location d’un même trois-pièces vacant atteint près de 2’600 francs mensuels. Si les appartements mis sur le marché sont plus nombreux, ceux qui ont un loyer abordable restent rares.

Le Conseil fédéral avait mis en consultation par ailleurs la malheureuse condition du retrait ou du refus de l’initiative logements pour mettre en vigueur le crédit-cadre. Si l’initiative populaire était approuvée, l’argent ne serait donc pas libéré. L’ASLOCA appelle le Conseil fédéral et les Chambres à renoncer à ce chantage. Le gouvernement mettrait ainsi sous pression les parlementaires puis les citoyennes et citoyens lors de la votation.

SUISSE – Réalimentation du fonds de roulement pour des logements d’utilité publique: Chantage du Conseil fédéral

Réalimenter le fonds de roulement : c’est à quoi se résume la politique du logement de notre Conseil fédéral. Et le nouveau crédit-cadre dépendra du rejet ou du retrait de l’initiative pour des logements abordables. L’ASLOCA Suisse dénonce un chantage à l’égard des initiants, du Parlement, des citoyennes et citoyens.

Dans sa réponse à la consultation, l’Association suisse des locataires (ASLOCA) approuve le nouveau crédit-cadre destiné à réalimenter le fonds de roulement. Grâce à ces prêts, les coopératives d’habitation pourront construire à moindre frais. Il s’agit d’une mesure importante mais insuffisante, qui permettra uniquement de reconduire les aides accordées jusqu’à présent.  Augmenter le fonds est toutefois indispensable, si l’on veut atteindre les buts que de nombreuses villes et communes se sont fixés en encourageant la construction de logements d’utilité publique.

L’ASLOCA est également déçue que la politique du logement du Conseil fédéral se contente de faire confiance au prétendu « bon fonctionnement du marché », à l’exclusion de toute autre mesure. Le Conseil fédéral laisse ainsi cantons et communes se confronter seuls aux problèmes, tout comme les ménages qui subissent les loyers élevés. Ceux-ci continuent de grimper, et le seul segment du marché où l’offre est supérieure à la demande est celui des appartements hors de prix.

Le Conseil fédéral veut conditionner l’entrée en vigueur du crédit-cadre au rejet ou au retrait de l’initiative de l’ASLOCA. Il s’agit d’un chantage : le fonds de roulement est un instrument depuis longtemps éprouvé pour encourager la construction de logements, et l’ancien crédit-cadre qui alimente le fonds s’avère aujourd’hui épuisé. Accorder un nouveau crédit est donc une évidence, puisque la Confédération ne réalise ainsi que le mandat déjà donné par la Constitution à son article 108. En y mettant une condition, le Conseil fédéral tente de faire pression sur les initiants, le Parlement, les citoyens et citoyennes. Si ces derniers ont l’audace d’approuver l’initiative, il n’y aura pas d’argent frais à disposition. Il appartiendra aux Chambres fédérales de lever la condition posée.

SUISSE – Etendre le droit de contester le loyer – plutôt que le réduire

La commission compétente du Conseil national veut limiter drastiquement le droit de contester le loyer initial et soutient dans ce but l’initiative parlementaire Egloff. Or, il faut au contraire renforcer ce droit, qui est l’unique moyen individuel à disposition pour agir contre des loyers abusifs. L’Association suisse des locataires (ASLOCA) appuie l’initiative déposée par son président Carlo Sommaruga, afin d’étendre la contestation possible du loyer.

La commission des affaires juridiques du Conseil national vient d’approuver une initiative de Hans Egloff, qui entend réduire massivement la possibilité de contester un loyer initial abusif. Le président de la Fédération alémanique des propriétaires fonciers (HEV) voudrait limiter ce droit à celles et ceux qui peuvent attester d’une nécessité personnelle ou familiale. Il aimerait revenir à l’application erronée des seuls tribunaux zurichois, qui considéraient l’existence d’une pénurie ou une augmentation sensible du loyer comme insuffisante pour demander la baisse de son loyer – une application que le Tribunal fédéral a sanctionnée.

Rappelons que c’est au changement de locataire qu’interviennent les plus fortes majorations du loyer. Conscient de la situation et pour limiter les abus, le législateur a accordé à la partie faible au contrat le droit de contester le loyer initial en cas de sensible augmentation ou de pénurie aussi. Sur 300 000 déménagements à l’année pourtant, guère plus de mille loyers initiaux (0,33% !) sont contestés auprès des instances de conciliation dans le pays – et sont réglés bien souvent à l’amiable avant l’audience.

Pour combattre efficacement les loyers excessifs, il faut tout au contraire autoriser largement la contestation du loyer initial. Cela permettra de protéger les logements abordables, d’aller vers un équilibre meilleur des parties au contrat de bail et d’alléger la bureaucratie judicaire. L’ASLOCA soutient l’initiative parlementaire de Carlo Sommaruga, déposée dans ce sens au Conseil national.

SUISSE – Conseil national : Indifférence totale aux difficultés locatives

Le Conseil national n’a cure des milliards de francs versés en trop par les locataires en Suisse. Il rejette des mesures améliorant leur situation. L’initiative pour des logements abordables est ainsi plus nécessaire que jamais.

Le Conseil national a refusé ce jour trois propositions, qui auraient amélioré le sort des locataires. Un calculateur de loyer officiel comme une meilleure protection contre les congés en faveur des aînés et des familles auraient permis des dispositions favorables du droit du bail. Et un droit de préemption des communes aurait pu renforcer les coopératives et faciliter l’accès aux terrains des maîtres d’ouvrage qui ne recherchent pas le profit, en édifiant des logements d’utilité publique. Les propositions de Carlo Sommaruga, Ursula Schneider Schüttel et de Thomas Hardegger ont toutes été cependant rejetées.

L’inaction du Conseil national souligne l’importance de l’initiative logements de l’ASLOCA et de ses partenaires. L’initiative populaire obligera le Parlement à traiter bientôt de façon plus approfondie de l’exigence du droit de préemption, d’ailleurs souhaité par la grande majorité des villes. L’initiative est ainsi manifestement l’unique instrument, qui puisse porter à l’échelle fédérale une politique du logement prenant en compte les intérêts des locataires.

SUISSE – C’est le moment ou jamais de réclamer une baisse de loyer – l’ASLOCA vous conseille

Suite à la nouvelle baisse du taux hypothécaire de référence, la plupart des locataires peu-vent demander une baisse de loyer. Lorsque ce taux diminue, le locataire a droit à une réduction de près de 3 %. Ce sont quelques dizaines de francs par mois, et plusieurs centaines par année. Quand le locataire n’a encore jamais demandé de baisse de loyer, son gain annuel peut se chiffrer en milliers de francs.

L’ASLOCA lance aujourd’hui une campagne intitulée «Un loyer plus bas pour vivre mieux» afin d’inciter un maximum de locataires à réclamer une baisse de loyer.

Par cette campagne, nous souhaitons montrer que cet argent est dû aux locataires et qu’ils peuvent l’utiliser comme ils le désirent : pour des vacances, un bien qu’ils convoitent depuis longtemps, une formation ou leur prévoyance vieillesse. Grâce aux six visuels, nous voulons transmettre aux locataires un message positif en faveur de cet argent. Ils ont le droit de profiter de la baisse des taux d’intérêts au même titre que les propriétaires.

C’est le moment ou jamais : selon toute vraisemblance, le taux de référence ne devrait plus baisser ces prochaines années. Les experts prévoient que le taux moyen restera bas – de nombreuses hypothèques ont actuellement un taux fixe à cinq ou dix ans – mais ne tombera pas à 1.375. Les locataires ne doivent donc pas laisser passer l’occasion de demander une réduction maintenant, car ils ne pourront sans doute pas le faire après coup, et lorsque le taux remontera, il sera trop tard : nous savons d’expérience que les locataires seront alors bien plus nombreux à voir leur loyer augmenter que ceux qui ont bénéficié d’une diminution antérieurement.

 

L’Association suisse des locataires soutient activement les locataires, afin qu’ils puissent faire valoir leur droit. Ses sections proposent les services suivants :

  • Calculateur de loyer : sur le site internet de l’ASLOCA, chacun peut calculer le montant de la baisse à laquelle il a droit.
  • Modèle de lettre à télécharger pour demander une baisse de loyer
  • Mode d’emploi consultable sur internet pour s’y prendre correctement
  • Plusieurs sections distribuent des dépliants d’information à large échelle. Ces papillons peuvent être commandés par les intéressés pour les distribuer dans leur entourage.
  • Permanences gratuites et sans rendez-vous ou consultation individuelle pour membres.
  • Conseils si le propriétaire refuse de baisser le loyer totalement ou partiellement.
  • Film d’animation et actions sur Facebook et/ou annonces dans les médias.

À chaque baisse du taux de référence, l’ASLOCA conseille des dizaines de milliers de personnes dans toute la Suisse et les aide à faire valoir leur droit. Les expériences sont positives, et il faut souligner que de nombreux bailleurs réduisent les loyers à la demande des locataires. Hélas, à la demande seulement. Certains bailleurs cherchent à se défiler sous divers prétextes, invoquant le loyer usuel dans la localité et le quartier ou un rendement insuffisant. Les locataires doivent savoir que ces arguments n’auraient aucun poids devant une commission de conciliation et ne doivent pas se laisser intimider si la réponse est sèche. Il est essentiel que tous les locataires agissent. Car notre loi les y oblige mais ne prévoit pas une répercussion automatique des baisses de taux sur les loyers ni de sanctions pour les bailleurs qui cherchent à s’en tirer à bon compte. Comme l’a rappelé Marina Carobbio, l’intervention parlementaire a été déposée à ce sujet et est toujours pendante.

L’ASLOCA invite les bailleurs à prendre l’initiative de diminuer les loyers et appelle les chambres immobilières à l’exiger clairement de leurs membres, à l’exemple d’HabitatDurable. Il est de leur responsabilité sociale et politique de ne pas chercher à tirer profit de la situation mais d’opérer dès maintenant une baisse généralisée des loyers. En Suisse, plus de deux millions de ménages vivent en location. Ils doivent pouvoir profiter de la réduction des taux au même titre que 1.5 million de propriétaires d’immeubles. C’est tout simplement une question d’équité.

SUISSE – Conférence de presse de l’ASLOCA – Carlo Sommaruga, président

Carlo Sommaruga, président de l’ASLOCA Suisse
 Taux au plus bas et loyers élevés :  
 ce qui dysfonctionne sur le marché du logement

Source : Statistique des banques, bulletin

Aujourd’hui, le taux de référence a baissé de 1.5 %. La moyenne de tous les taux hypothécaires appliqués en Suisse n’est plus que d’environ 1.6 %. Depuis le début de la crise financière, les taux ont diminué de plus de moitié. Ce qui apparaît comme un gain de valeur théorique pour les banques et les preneurs d’hypothèques a des conséquences majeures pour le budget des ménages suisses.
En comparaison avec 2008, les hypothèques coûtent près de 16 milliards de francs de moins aujourd’hui. Ces 16 milliards peuvent être dépensés en biens de consommation, investis ou épargnés, ils n’ont plus besoin d’être versés aux banques et autres organes de crédit.
Une baisse d’un quart de pourcent du taux de référence doit entraîner une baisse de loyer de 3%. Actuellement, la somme des loyers nets se monte à 35 milliards de francs.

Source : Relevé de la structure du prix du loyer, taux de référence

Chaque baisse du taux de référence devrait donc conduire à une diminution de ce montant d’environ un milliard.
Nous assistons aujourd’hui à la huitième baisse du taux de référence. Les baisses du taux successives auraient dû entraîner une diminution des loyers d’environ 7 milliards.

Source : IPC, relevé des loyers

C’est pourtant le contraire qui s’est produit. Les loyers continuent à grimper. En dépit de toutes les prophéties sur la détente du marché et des loyers réduits annoncés,  l’indice des loyers continue sa progression vers le haut. Il n’augmente plus autant, mais la direction indiquée par la courbe n’en va pas moins complètement à l’encontre des dispositions du droit du bail.

L’indice des prix à la consommation n’a plus augmenté depuis neuf ans, les taux hypothécaires ont plongé, mais seul un petit nombre de locataires a pu bénéficier d’une réduction de loyer. Dans la statistique, ces baisses sont plus qu’annulées par les augmentations de loyers suite aux changements de locataires et aux rénovations. Au final, les locataires paient chaque année plus cher pour se loger. Depuis 2008, l’indice des loyers a encore augmenté de plus de 10 %.

Les montants que les uns paient en trop procurent à d’autres un revenu supplémentaire.

Source : Finanz und Wirtschaft, 11 février 2017

La plupart des placements de capitaux ont de très faibles taux de rendement. Les petits épargnants ne reçoivent depuis longtemps plus rien pour leur argent. Le marché immobilier permet pourtant encore de réaliser des gains importants. C’est ce que montrent les comptes annuels 2016 de la société immobilière Mobimo.

Les rendements y atteignent le taux mirobolant de 11.7 %. Les chiffres de la branche immobilière fournis par le bureau immobilier IAZI donnent à voir une image similaire : chaque année, l’immobilier de location permet d’obtenir un rendement de près de 3 % qui se conjugue avec une augmentation de 3 % de la valeur du bien.

IAZI Real Estate Investment Lunch 22. 03.2016

Avec un taux de rendements moyen de 7 %, le marché locatif bénéficie d’une conjoncture unique. Il n’est donc pas étonnant que l’argent y afflue et fasse monter les prix à des sommets qui rendent la situation de plus en plus difficile pour

d’autres acteurs : les coopératives et les maîtres d’ouvrage d’utilité publique notamment, mais aussi ceux qui voudraient devenir propriétaire de leur habitation malheureusement.

Ce processus n’est rien d’autre qu’un gigantesque détournement. Année après année, les locataires paient des milliards de loyers en trop, que les bailleurs encaissent. La banque Raffeisen s’est penchée sur le phénomène de la non-répercussion des baisses du taux de référence. Se basant sur des calculs effectués depuis les années 1980, elle a constaté qu’une application correcte du droit en vigueur devrait conduire à des loyers 40 % moins chers. La banque Raffeisen considère l’application laxiste du droit de bail pour cause majeure de cet état de fait. Selon elle, l’écart avec l’évolution réelle des loyers en devient presque alarmant.

Il y a en effet de quoi s’alarmer, sachant que l’habitat est le secteur le plus important du marché économique suisse. Nous dépensons plus d’un quart de notre revenu pour le logement et l’énergie. Aucun poste ne pèse aussi lourd dans le budget des ménages, et il s’agit d’un marché captif : tout le monde doit pouvoir se loger. C’est pourquoi la politique du logement doit aussi mettre en place des barrières de sécurité – ce que le monde politique a tendance à oublier actuellement.

 

 

SUISSE – Des loyers élevés compriment le budget des ménages

Les statistiques impressionnent : alors que les propriétaires versent moins chaque année pour leur habitation, les dépenses des locataires restent à très haut niveau pour se loger.
En moyenne, les locataires y consacrent 18% de leurs revenus, tandis que les propriétaires n’y affectent que 10% encore. En chiffres absolus aussi, les locataires paient bien davantage que les propriétaires, qui profitent directement des taux bas.


Source : relevés du budget des ménages 2006 à 2014

La vision macroéconomique de ce détournement monétaire a des conséquences sur tout locataire. Les taux d’intérêts bas auraient dû conduire à ce qu’un ménage moyen paie quelque 275 francs de moins de loyer mensuel. A l’année, cela représente la coquette somme de 3’300 francs minimum. Cette note salée comprime le budget des ménages. Ces montants manquent à la consommation, à l’épargne ou aux possibilités de se perfectionner en Suisse.


Sources : relevé de la structure des loyers, taux de référence

En vue de leur retraite particulièrement, les locataires sont obérés, et cela à plusieurs titres : ils doivent compter avec des baisses de rentes, n’obtiennent plus guère d’intérêts sur leurs épargnes ou leur 3e pilier et, de surcroît, financent par leurs loyers les caisses de pension pour l’ensemble des assurés. Qui est propriétaire de son logement bénéficie de frais hypothécaires divisés par deux au moins et peut investir l’argent non dû pour sa prévoyance vieillesse.

Selon l’étude de Jan Mischke du Mc Kinsey Global Institute à Zurich, 500’000 ménages doivent en Suisse économiser sur les dépenses pour se soigner ou se vêtir, afin qu’ils puissent payer les coûts de leur habitation. L’auteur prévoyait déjà en 2014 que cette part des ménages s’amplifierait, puisqu’on construit certes davantage dans le pays mais qu’en parallèle diminue la proportion des logements à loyer modéré. Une recherche de l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) et de l’Office fédéral du logement (OFL) met aussi en évidence que des ménages à petits revenus souffrent des frais conséquents pour disposer d’un toit. Le rapport conclut d’ailleurs que 82% des ménages touchés par la pauvreté habitent un appartement trop cher, puisque leurs coûts d’habitation excèdent 30% de leurs revenus bruts.

Nous constatons également que des gens disposant de peu de moyens ont dû dépenser ces dernières années une part restée égale du revenu pour se loger. Les ménages, qui doivent vivre avec moins de 5000 francs par mois, payent plus de 30% de leur budget à cette fin. Ces chiffres démontrent qu’il y a bien trop peu de logements abordables.


Source : relevés du budget des ménages 2006 à 2014

De nombreuses familles souffrent actuellement de primes maladie élevées, de taxes qui augmentent et de prestations réduites, en raison de programmes d’économies cantonaux ou communaux. Il est d’autant plus important pour elles de réduire les loyers.

Par le postulat «Baisse du taux de référence. Qu’elle profite aux locataires !» j’ai demandé au Conseil fédéral d’indiquer par quelles mesures il entend améliorer la répercussion du taux de référence sur les loyers. Le gouvernement ne veut malheureusement rien savoir. Mais le Conseil national a l’occasion durant cette session de transmettre le postulat et d’accroître la pression sur un sujet d’une actualité majeure.

SUISSE- Taux de référence réduit à 1,5%

Un loyer plus bas pour vivre mieux !

Suite à la diminution du taux de référence à 1,5%, la plupart des locataires ont droit à une baisse de leur loyer. Depuis 2009, l’ensemble des loyers auraient dû baisser de 7 milliards de francs ; dans les faits, ils ont augmenté de 2,5 milliards en Suisse. Les bailleurs se doivent de les réduire sans retard, pour que les locataires bénéficient du taux d’intérêt le plus bas et qu’il leur reste davantage pour mieux vivre.  Si non, les locataires doivent exiger la réduction.

Le taux hypothécaire de référence diminue à un niveau record de 1,5% comme l’annonce ce jour l’Office fédéral du logement. Presque tous les locataires ont ainsi droit à une baisse – souvent importante – depuis la dernière modification de leur loyer.  L’Association suisse des locataires (ASLOCA) appelle les bailleurs à diminuer les loyers, et les fédérations immobilières doivent recommander à leurs membres de répercuter la baisse du taux. Car la situation est dramatique : malgré des taux d’intérêts divisés par deux depuis 2009, les loyers n’ont guère diminué mais ont poursuivi leur ascension. Les locataires n’ont qu’à peine profité de taux au plancher. Ils paient plein pot en revanche la chute des intérêts sur leurs épargnes et par les rentes réduites des caisses de pension. Les propriétaires, quant à eux, ont pu diminuer constamment leurs frais hypothécaires.   Une campagne de l’ASLOCA, élargie à tout le pays, encourage les locataires à demander la baisse nécessaire. Un calculateur de loyer, une lettre imprimable au bailleur et les informations utiles sont à disposition sur www.asloca.ch. Une ou un locataire économise de la sorte plusieurs centaines de francs par année et peut les utiliser pour se perfectionner, consommer ou préparer sa retraite par exemple.

Il s’agit bien du droit individuel de chaque locataire à ne pas verser de loyer excessif mais aussi de sommes faramineuses dans l’économie du pays : 40 milliards de loyers constituent de très loin la plus grande part des dépenses des ménages. Une réduction du taux de référence justifie une baisse de presque 3% du loyer. Depuis 2009, l’ensemble des loyers auraient dû baisser de 7 milliards de francs ; dans les faits, ils ont augmenté de 2,5 milliards en Suisse. Ces montants appartiennent aux locataires et doivent dès lors leur revenir !

Pour d’autres renseignements :  
Carlo Sommaruga, président, 079 221 36 05, Marina Carobbio, vice-présidente, 079 214 61 78, Balthasar Glättli, vice-président, 076 334 33 66, Pierre Zwahlen, secrétaire général adjoint, 079 615 44 33.