SUISSE – Loi sur l’énergie: Mises en garde hypocrites à l’égard des locataires

Quand il s’agit de combattre la transition énergétique, ils se montrent soudain très soucieux des locataires : les adversaires de la loi sur l’énergie mettent hypocritement les locataires en garde contre des coûts faramineux– alors qu’impudemment ces mêmes milieux n’ont jamais entrepris quoi que ce soit contre des loyers élevés.
Les adversaires de la stratégie énergétique cherchent à faire peur par tous les moyens. A en croire leurs réclames, les locataires ne pourront plus laver leur linge qu’une fois par mois, devront prendre des douches froides et ne se chauffer plus qu’à 18 degrés ! Ils devront en outre verser des loyers en augmentation.
L’Association suisse des locataires (ASLOCA) rejette et déplore ces allégations. La révision soumise à votation le 21 mai n’entraîne qu’une hausse de la taxe sur le courant électrique de quelque 40 francs par année pour un ménage moyen. Les chiffres et autres spectres délirants n’ont rien à faire avec la loi sur l’énergie.
Ce qui est juste, c’est que les locataires souffrent de coûts d’habitation exorbitants en Suisse depuis très longtemps, de hausses éhontées à la relocation, de congés collectifs pour rénovations et d’un marché immobilier gonflé par le profit. Les Chambres fédérales ont traité ces dernières années plusieurs propositions – venues du Conseil fédéral parfois – qui auraient amélioré la situation des locataires. Les milieux qui repoussent la loi sur l’énergie ont combattu ces améliorations en première ligne : c’est dire leur hypocrisie aujourd’hui.
L’ASLOCA les invite à soutenir l’initiative pour davantage de logements abordables, qui demande justement que la Confédération veille à ce que les programmes des pouvoirs publics encourageant les assainissements n’entraînent pas la perte de logements à loyer modéré. Les opposants à la stratégie énergétique pourront faire ainsi la preuve de leur engagement réel en faveur des locataires.